Protocole d'enquête informateurs
Tout informateur, quel que soit le type ou le sujet de l’enquête réalisée, doit être soumis à un questionnaire qui renseignera le collecteur utilement.
On trouvera dans la rubrique « Protocole d’enquête pour la collecte des instruments (ou son information) », paragraphe 11, un déroulé cohérent de questions. J’y adjoins ici un autre protocole antérieur, réalisé en 1962 par Claudie Marcel-Dubois et Marie-Marguerite (Maggy) Pichonnet-Andral, dans le cadre de leurs travaux à la tête du département d’ethnomusicologie du Musée national des Arts et Traditions populaires. À votre charge de réaliser la synthèse entre les deux, si nécessaire.
Questionnaire 1 : Geneviève Dournon
11. Le musicien, la musicienne
11.1. Identité
a) Nom et prénom, sexe, âge approximatif
b) Groupe et sous-groupe ethnique / tribu / clan / caste / etc.
c) Lieu de résidence et de naissance
11.2. Statut social
a) S’agit-il d’un musicien professionnel (la musique constitue-t-elle sa seule ou principale activité, source de revenus) ?
b) Exerce-t-il une activité secondaire, laquelle ?
c) Appartient-il à une famille / à une communauté ou caste / à une formation instrumentale constituée ?
d) S’agit-il d’un musicien occasionnel ? Quelle est son activité (source de revenus) principale ?
e) Assume-t-il également une fonction sociale / religieuse / thérapeutique ou autre dans la société ?
f) Peut-il jouer pour un auditoire mixte / masculin / féminin ; pour une autre communauté que la sienne ?
g) A-t-il des relations privilégiées, ou de type contractuel, avec un individu / une autre communauté autre que la sienne ?
h) En tant que musicien, quelle est sa position dans la société : honorifique / élevée / inférieure / marginale / indifférente ?
i) Est-il rétribué pour ses prestations ? Comment ? (nature ou espèces)
11.3. Apprentissage et transmission
a) À quel âge a-t-il (ou elle) commencé à jouer ?
b) Comment a-t-il (elle) appris à jouer : par imitation / avec un enseignant individuel (auprès d’un maître) / collectif / dans le cadre d’une formation générale : retraite d’initiation, école traditionnelle, confrérie, monastère, etc.
c) Lieu, durée, conditions de l’apprentissage
d) Méthodes d’acquisition pour : la maîtrise de certaines techniques (ex : respiration circulaire), la mémorisation de formules rythmiques (formules mnémotechniques), la mémorisation des textes des chants
e) Assure-t-il la formation de jeunes musiciens, lesquels ? Dans quel cadre ?
f) A-t-il eu des contacts de longue durée avec des musiciens d’autres traditions musicales ? Lesquels, quand, où ?
g) Est-il également compositeur ?
Questions complémentaires
Le musicien est-il astreint à un rituel (purifications, offrandes, ablutions, etc.) avant ou après une prestation ?
Quel est son degré d’acculturation (degré déterminable par les réponses aux questions 8, 9, 20 du questionnaire 2 et 11.3.f du questionnaire 1) ?
Questionnaire 2 : Claudie Marcel-Dubois et Maggy Pichonnet-Andral (1962)
Fiche d’enquête : informateur
Nom, prénom, surnom
Lieu de résidence
Âge (au moment de l’enquête), date de naissance
Lieu de naissance
Situation familiale (célibataire, marié, veuf)
Lieu de naissance des ascendants et du conjoint
Émergence de l’implantation familiale dans le village ou la région
Profession(s) dans l’ordre chronologique d’exercice
Chronologie des lieux de séjour, service et expéditions militaires
Spécialité musicale : chanteur, instrumentiste, fabricant d’instruments de musique
Niveau de formation scolaire
Niveau de formation musicale
Historique de l’apprentissage musical (interprétation ou facture)
Degré de technicité d’exécution musicale (sans technique, amateur ou spécialiste)
Style d’interprétation, particularité d’exécution
Qualité et étendue de la réputation d’exécutant ou de créateur
Comportement et réactions psychologiques vis-à-vis de la musique
Aptitudes musicales, mémoire musicale et littéraire
Nature du répertoire musical
Langue(s) parlée(s) et lue(s)
Dialecte ou langue vernaculaire, son degré de connaissance, ses applications (où, quand, à qui)
Observations
Références aux documents d’enquêtes : lieu et date de l’information, numéros des documents audiovisuels : enregistrements sonores, photos, films, relevés, croquis, dessins, plans, etc.
Une enquête exhaustive est évidemment difficile à établir, mais ces quelques propositions doivent permettre, en principe, par les réponses qu’elles apportent et les commentaires qu’elles peuvent susciter en cours d’enquête, de cerner le principal des informations nécessaires.