Le terrain : introduction
Il existe un certain nombre de protocoles d’enquête. Aucun n’est forcément exhaustif dans son questionnaire, car chaque terrain a ses spécificités et chaque enquêteur ses préoccupations liées à son domaine d’étude. Il convient donc de se servir des modèles comme d’un canevas rigoureux, mais sujet à modifications. Certaines questions peuvent être inappropriées, soit pour l’objet de l’enquête, soit même — et c’est une dimension importante — parce que la relation humaine entre les protagonistes commande parfois de laisser passer des questions (manque de temps, questions taboues, etc.).
Il n’est pas possible de présenter ici tous les questionnaires disponibles : celui de Constantin Brailoiu (établi en 1939-1940), ou encore celui réalisé par Claudie Marcel-Dubois et Marie-Marguerite (ou Maggy) Pichonnet-Andral durant les années 1960, lorsqu’elles dirigeaient le département d’ethnomusicologie du Musée national des Arts et Traditions populaires.
L’un des meilleurs protocoles d’enquête sur les instruments de musique a été élaboré par Geneviève Dournon (publié dans : G. Dournon, Guide pour la collecte des musiques et instruments traditionnels, Paris, Éditions UNESCO, 1996). On trouvera ici, dans son intégralité, le protocole pour la collecte des instruments (p. 63 et suivantes). Les autres protocoles présentés sont relatifs à des questionnaires sur les documents musicaux et l’informateur.
Ces questionnaires ne sont évidemment pas des enquêtes policières, ni ne servent une curiosité gratuite. Chaque point révèle son importance ethnographique et musicologique et vise à une connaissance plus précise de la culture étudiée.
